SEO ou GEO : faut-il optimiser son site pour les IA ?
On nous demande souvent si le référencement classique est mort depuis ChatGPT. Entretien avec Mathis sur ce qui a vraiment changé, et sur la règle du 80/20.
Entretien avec Mathis Bouvy— Fondateur & développeur analyste fullstack au sein de Tomaweb
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Depuis l'arrivée des assistants conversationnels, la question revient à presque chaque rendez-vous : faut-il encore travailler son référencement sur Google, ou tout miser sur les IA ? On a posé la question à Mathis, qui suit le sujet de près chez Tomaweb.
On entend partout qu'il faut désormais optimiser pour ChatGPT. Le référencement classique, c'est fini ?
C'est la croyance du moment, et elle est illusoire. Beaucoup de gens partent du principe que le GEO — le référencement dans les réponses des IA — a pris la place du SEO. Quand on regarde ce qui se passe réellement dans les usages, ce n'est pas du tout ce qu'on observe.
Le nombre de recherches n'a pas baissé depuis l'arrivée des modèles de langage. Il a plutôt augmenté. Et surtout, un nouveau type de recherche est apparu à côté des recherches classiques, avec ses propres cas d'usage. Les gens n'ont pas remplacé une habitude par une autre : ils en ont ajouté une.
Le marché ne s'est pas divisé, il s'est élargi.
C'est la nuance que tout le monde rate. S'il s'était divisé, il faudrait choisir son camp. Comme il s'est élargi, il y a simplement plus d'endroits où être visible qu'avant.
Qu'est-ce qui change concrètement dans la façon dont les gens cherchent ?
La formulation, surtout. Sur un moteur de recherche, on tape trois mots. Sur un assistant, on décrit une situation.
Quelqu'un ne demande plus « agence web Verviers ». Il explique qu'il a un site qui date de huit ans, qu'il ne peut plus le modifier lui-même, qu'il aimerait vendre en ligne, et il demande par où commencer. C'est beaucoup plus précis, et il y a beaucoup plus de contexte dans la question.
Ça change la nature de ce qu'il faut produire. Un contenu qui ne répond qu'à un mot-clé ne sert à rien dans ce cadre-là. Un contenu qui répond vraiment à une question, si.
Alors on met quoi en place ?
Du 80/20. Quatre-vingts pour cent de l'effort sur le SEO, vingt pour cent sur le GEO.
Ce n'est pas un chiffre magique, c'est une question de proportion : le référencement classique reste, et de loin, le volume principal. Le GEO est réel, il grandit, mais il ne justifie pas encore qu'on lui consacre l'essentiel du travail.
Concentrer toute sa stratégie sur le GEO aujourd'hui, ça ne sert pas à grand-chose.
L'inverse est vrai aussi, d'ailleurs. Ignorer complètement la façon dont les IA lisent un site, c'est se priver d'une part qui n'existait pas il y a deux ans et qui ne va pas reculer.
Donc la vraie erreur, c'est de choisir un camp ?
Exactement. Une stratégie de référencement ne devrait jamais reposer sur un seul canal. C'est vrai entre le SEO et le GEO, c'est vrai aussi entre le référencement et les réseaux sociaux.
Ce qui est rassurant, c'est que les deux se nourrissent largement du même travail de fond : une structure claire, des pages qui répondent à de vraies questions, des informations exactes et vérifiables. Un site bien construit pour Google part déjà avec une bonne longueur d'avance auprès des IA.
La suite
Le détail du 80/20 — ce qu'on met concrètement dans les vingt pour cent — mérite son propre article. On y reviendra le mois prochain.
En attendant, si vous vous demandez où en est votre site sur le sujet, c'est exactement ce qu'on regarde en premier : voir référencement naturel.